J’M’en fous, D’T’façon,


J’M’en fous, d’t’façon moi, petite, je voulais écrire des histoires. Moi, je voulais raconter des histoires. Ou juste écrire. Les histoires je les avais déjà qui tournaient dans ma tête, mais je m’en rendais pas compte. Je voulais juste baisser le son du monde autour, et monter le mien. Je savais pas chanter, ni danser, si peindre, ni jouer. J’avais juste les mots, les mots, les mots mais ceux qui te rendent fous, ceux qui tournent sans faim. Puis tu te rends compte que le son de ton histoire devient inaudible, que le son autour est à son paroxysme, et quand tu mets ta tête dans le caisson tu souris, mais pas parce que ça te fais du bien, ni parce que c’est cool, simplement parce qu’enfin le son du monde est à son degré réel…

« On leur dit qu’on est collab’ alors qu’on est à la fac et qu’en vrai on passe notre temps à user nos culs sur des bancs trop étroits, à écouter des types chauves déblatérer, déblatérer, déblatérer toute la journée, déblatérer sur tout, et surtout sur n’importe quoi. et heureusement, les journées se finissent toujours de la même façon : on rentre et on se fait beau pour la soirée, on met nos polos cols relevés, puis on se retrouve au q.g. pour picoler des demis à 5€ »

Moi, je m’en fous, de toute façon, petite je voulais dessiner le monde. Le parer de couleur. Je voulais les écrire mes voyages et les vivre. Aujourd’hui, je les vis mes histoires, enfin, je crois. Ma petite musique, je sais plus bien sur quelle note elle danse. J’avais un but et un rêve. J’ai l’impression d’avoir fait le tour de la terre et d’avoir perdu des plumes quelque part. J’ai l’impression d’avoir pas fait ce qu’il fallait, ou trop, ou pas assez, ou. Pas bien.

Moi, je m’en fiche, petite je savais, que quelqu’un m’attendais, quelque part. Je regardais la lune et savait qu’un jour je la foulerai. Je voulais pas la décrocher, elle était bien là ou elle était, petite, je voulais juste me baigner dans ses mares sombres sans craintes et rouler sur ses bosses, avec les miens mais qui sont-ils.

Avec les miens, mais qui sont-ils ?

Moi, ça m’ait égal, de toute façon Petite, un jour tu deviendras comme moi. Tu finiras, par croire que ça va pas, que t’es pas bien là où tu es, que c’est ta faute, qu’il fallait savoir ce que tu voulais, qu’il fallait réussir ta vie plus tôt, être née ailleurs, avoir des parents plus riches et des grands parents qui connaissent du monde, il fallait naître à Londres ou à Tombouctou, regarde ceux qui y arrivent allume ta télé et tu verra, fallait pas commencer à pleurnicher. Tu finiras par penser que l’autre est mieux  que toi, que l’autre est trop bien pour toi, que tout ce que tu fais n’a aucun sens, parce que tu ne sais, ni ce que le monde attend de toi, ni ce que tu attends de lui, ni s’il faut vraiment attendre quelqu’un ou courir seul.

Moi, vraiment je m’en fous, petite, j’avais des rêves, aujourd’hui, je vi-se.

Et c’est triste.

On court après le talent, être quelqu’un, se différencier, quelque chose a mis en concurrence les enfants de la terre, nous. On  court après le talent en oubliant (qui nous l’a dit ?) qu’il est en chacun de nous, au fond, caché, tous pareils, tous différents. Et si ces mots te font sourire avec gène, te moquer et ne pas croire en ces mots, c’est que tu fais partis de ces enfants,

et c’est triste.

https://i0.wp.com/www.dinosoria.com/lune-photo/images/lune-14_jpg.jpg

Jm’en fous, de toute façon, plus tard, je serais peintre et photographe, et intellectuelle et paysagiste, je serais institutrice et hôtesse de l’air, naturaliste et polito-pornographe, j’aurais un bar-tabac et j’en serais fière, je serais journaliste et musicienne, je serais actrice, actrice de ma propre vie si je le veux, je serais femme d’affaire et femme de fer, je serais homme au foyer et femme politique, je serais aventurière.

Jm’en fous, de toute façon, plus tard, je serais.

Parce que quelqu’un, un jour, m’a fait ça :

 

Publicités

A propos Mamieva

Cuisine, Cosmétique, Débrouille et autre tambouille. Un brin écolopate de temps en temps. Mais je me soigne.
Cet article a été publié dans Culture inutile, Non classé, Voyage. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s